Les belles ambitieuses (Stéphane Hoffmann)

note: 4les belles ambitieuses Patricia - 30 janvier 2019

Je devais lire ce livre depuis longtemps .
C'est [...]

Sauvages (Nathalie Bernard)

note: 4sauvages Patricia - 19 janvier 2019

Un très bon roman qui se passe au [...]

Made in abyss n° 1 (Akihito Tsukushi)

note: 5Au sein du tréfonds Espace jeunesse - 31 janvier 2019

Avec Made in Abyss, Akihito TSUKUSHI nous offre un univers [...]

Sirius (Stéphane Servant)

note: 5Un long voyage Espace jeunesse - 31 janvier 2019

Stéphane Servant signe un roman de science-fiction extrêmement fin, aussi [...]

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Critiques rédigées par Evelyne

 

Un clafoutis aux tomates cerises (Véronique de Bure)

note: 4Un clafoutis aux tomates cerises Evelyne - 24 janvier 2019

Jane, une vieille dame de 90 ans, tient un journal sur une année, au fil des saisons. Elle habite seule dans une grande maison en pleine campagne près de Vichy. Elle raconte les petits riens de sa vie avec lucidité. Elle sait profiter des plaisirs que l’existence lui apporte, ses promenades dans les bois, ses parties de cartes, les déjeuners ou goûter avec ses amis , la messe du dimanche, ses petites escapades en voiture pour aller à la ville faire ses courses, les échanges avec « la petite Angèle », sa femme de ménage et avec ses voisins. Elle aime la convivialité et apprécie un petit verre de vin blanc ou de Crémant partagé avec ceux qu’elle aime. Elle cuisine avec amour et congèle en vue de repas futurs. Elle raconte cette vie toute simple avec humour et tendresse.
Rien de triste dans ce roman où il ne se passe quasiment rien, rythmé en quatre parties par les saisons. L’écriture est légère et l’auteur livre un roman tout chaud, tout rond. La narratrice s’achemine paisiblement vers la mort. Il faut dire qu’elle n’est pas malade et relativement alerte pour son âge. J’ai aimé ce roman de la grande vieillesse qui est positif, Mais est-ce un livre qui peut intéresser la jeune génération? l’auteur pointe le décalage des gens âgés face à des technologies nouvelles ou au numérique, un changement social tellement rapide et si important qu’il peut aussi ne pas être imaginé.

La part des flammes (Gaëlle Nohant)

note: 4La Part des flammes Evelyne - 24 janvier 2019

Trois destins de femmes s’entrecroisent. Des femmes qui ont cherché à exister et vivre selon leurs désirs dans une société particulièrement corsetée.
L’une a eu une existence historique, la duchesse d’Alençon, petite soeur de la célèbre impératrice d’Autriche, Sissi. Déçue par son mariage, elle a dû rompre avec un homme qu’elle a profondément aimé. Elle a finalement trouvé son équilibre en dédiant sa vie au soutien et aux soins des pauvres, en particulier des tuberculeux, maladie fort contagieuse et mal soignée à cette époque.
Les deux autres portraits sont le fruit de l’imagination de l’auteur, ceux de la jeune Constance d’Estingel et celui de la jeune veuve, Violaine de Raezal. Le fond de l’histoire est un événement historique et dramatique: l’incendie du Bazar de la Charité. La duchesse d’Alençon y tenait un stand et elle avait proposé à Constance et Violaine de venir l’aider. C’est là que se noue leur amitié.
Lla duchesse d’Alençon perdra la vie au cours de cet incendie.

Le contexte historique est intéressant. L’auteur décrit la société aristocratique de la fin du 19ème siècle, très conventionnelle. On découvre aussi les internements abusifs qui permettent la mise à l’écart de personnes qui dérangent. Les personnages de ce roman sont attachants. C’est un livre d’une écriture fluide qui se lit facilement.

A l'orée du verger (Tracy Chevalier)

note: 4A l'orée du verger Evelyne - 19 décembre 2018

Ce roman tout en racontant la dure vie des pionniers des Etats-Unis dans la première moitié du 19ème siècle, nous livre l’organisation de ceux qui voulaient participer à la connaissance et à l’extension des cultures d'arbres et de plantes diverses propres aux deux continents, mais aussi aux prémices du tourisme. Nous découvrons une terre qui a fourni des espèces végétales rares à l’ Europe en mal d’exotisme.

Tracy Chevalier raconte cette page de l’histoire en entrecroisant plusieurs genres littéraires: le monologue intérieur de la mère, les lettres de Robert, celles de Martha qui n’atteindront pour ainsi dire jamais leur destinataire, les descriptions de la nature époustouflante de l’ouest américain. Cette saga familiale est pleine de charme avec une belle écriture romanesque.

La danseuse de Mao (Xiaolong Qiu)

note: 5LA danseuse de Mao Evelyne - 14 décembre 2018

QIU Xiaolong poursuit sa dénonciation de la révolution culturelle et des années Mao, tout en critiquant les dérives du régime dans les années 1990, à travers les enquêtes de l’inspecteur principal Chen Cao, poète, amateur de cuisine que ce soit une cuisine familiale ou de restaurants raffinés, fin connaisseur de T.S. Eliot. Dans ce roman l’intrigue policière n ‘est qu’un prétexte pour l’auteur de livrer un portrait au vitriol de Mao et de son image intouchable d’empereur du 20ème siècle.
Nous sommes dans les années 1990 et le Parti veille toujours sur l’image du Président Mao. L’inspecteur Chen est chargé d’enquêter sur Jiao, la petite-fille d’une maîtresse de Mao, l’actrice Shang. Celle-ci est soupçonnée d’être en possession d’un objet ayant appartenu à Mao qui pourrait ternir l’image de ce dernier. Dans ces années de modification d’orientation politique on peut se permettre de critiquer la Révolution Culturelle, mais il est inconcevable de toucher à la personne du Grand Timonier.
J’ai beaucoup aimé ce roman qui mène Chen à Pékin et nous fait visiter avec lui la cité interdite et le mausolée de Mao. Je ne soupçonnais pas tous les travers du Grand Timonier…En même temps, il nous fait percevoir les bouleversements de la société à Pékin et Shanghaï. C’est une fine analyse de la société chinoise des années 1990.

Cette maison est la tienne (Fatima Farheen Mirza)

note: 5Cette maison est la tienne Evelyne - 1 décembre 2018

Le lecteur découvre le quotidien d’une famille chiite dans un pays occidental. Les regards des divers membres de la famille livrent une photographie de leur vie. Le roman fait se succéder des épisodes de l’enfance des trois enfants de la famille, de la jeunesse des parents, et de la vie présente, ce qui demande parfois un petit temps d’adaptation au lecteur. Le va et vient dans ces souvenirs juxtaposés peut sembler désordonné, mais ils s’éclairent mutuellement et appuient le sens du roman. L’analyse des sentiments des membres de cette famille est très fine.
Le roman se divise en quatre parties qui placent les faits, puis les relations familiales et les perceptions que chaque membre de la famille a de ceux-ci. La quatrième partie est particulièrement émouvante. Elle livre le regard du père qui manifeste tout l’amour qu’il porte à sa famille et en particulier avec son fils avec lequel il a conscience de n’avoir pas su communiquer.

Ce roman pointe les difficultés qu’ont les jeunes de la nouvelle génération à grandir dans un pays où les valeurs sont différentes, voire opposées, à celles que leurs parents leur enseigne. Une partie des souvenirs font référence aux jours qui ont suivis le 11 septembre, le racisme qui s’est manifesté à l’égard des musulmans, la peur de ceux qui en sont les victimes.
Un premier roman très abouti qui puise certainement une part de vérité dans la vie personnelle de son auteur.

Agatha Raisin enquête n° 3
Pas de pot pour la jardinière (M. C. Beaton)

note: 4Agatha raisin Qui s'y frotte s'y pique Tome 3 Evelyne - 11 novembre 2018

Les romans de M.C. Beaton qui ont pour héroïne Agatha Raisin, se dégustent comme un bonbon. L’intrigue est très sommaire et on ne peut pas dire que l’étude sociologique soit très poussée. Je leur trouve cependant un grand charme.
J’ai de plus en plus de sympathie pour les héros de cette série: Agatha, jeune retraitée impulsive, au mauvais caractère maladroite dans ses tentatives de séduction, au coeur de midinette; James Lacey fragile sous sa carapace; mais aussi pour les habitants chaleureux de ce petit village de la campagne anglaise. Un roman plein d’humour et qui donne le sourire à chaque page.

Hubert (Ben Gijsemans)

note: 5Hubert Evelyne - 10 octobre 2018

Je ne suis pas une grande lectrice de BD, mais HUBERT m’a énormément touchée.
Un graphisme tout en délicatesse pour raconter l’histoire de ce petit homme entre deux âges, timide et réservé. En même temps Hubert Luyten n’est pas un être falot, c’est un solitaire, quelqu’un qui fuit toutes les relations humaines, mais auquel le lecteur s’attache au fil des pages. C’est un homme tout rond et les deux points que sont ses yeux derrière ses lunettes livrent toute sa vie intérieure. Il voue une grande passion à la peinture et passe ses loisirs au Musée des Beaux-Arts de Belgique. Il n’hésite pas à se déplacer et aller à Paris au Musée d’Orsay pour contempler l’Olympia de Manet. Il photographie des tableaux de femmes, de femmes nues peintes par de grands maîtres que, rentré chez lui, il reproduit en peinture. Le trait de Ben Cijsemans tout en finesse raconte énormément d’Hubert dans un livre presque sans paroles. La longueur du voyage que fait un jeune homme avec ce taiseux est magnifiquement exprimée par ces dessins répétitifs de la voiture.

Un dessin fin, sobre, dans des tons feutrés de bistre, seulement éclairé de couleurs lorsque la vie apparait avec cette jeune-femme de l’immeuble d’en face qui arrose ses plantes à sa fenêtre, légèrement vêtue et deviendra sa nouvelle source d’inspiration. Ce n’est pas le début d’une idylle, mais la vie qui s’impose.

Eureka Street (Robert McLiam Wilson)

note: 5EUREKA STREET Evelyne - 6 octobre 2018

Robert McLIAM WILSON a choisi de raconter sa ville, Belfast, dans les années 90, vers la fin du conflit qui a sévi pendant une trentaine d’année en Irlande du nord, à travers les vies de gens ordinaires, en particulier en suivant le quotidien de deux garçons sympathiques et de leurs copains, un peu paumés, issus des quartiers pauvres.
Robert trace toute une galerie de portraits de gens hauts en couleur et sympathiques. Mais ceci encadre de fait le coeur du roman où il conte Belfast avec une langue magnifiquement poétique. Il raconte ensuite le terrorisme, son horreur et son absurdité.
L’écriture est truculente, exagérée, fantaisiste, mais l’ancrage historique est bien réel. Un seul narrateur pour certains chapitres, Jake. Les autres sont écrits à la troisième personne, comme si l’auteur voulait prendre une distance. Il se moque allègrement des discours politiques proclamés pendant cette guerre civile. Il pointe essentiellement le doigt sur les souffrances subies par les petites gens et renvoie dos à dos les différents partis.

Ce roman riche a bien quelques défauts et des pages un peu longues, mais ceux-ci s’effacent devant le foisonnement de l’écriture et des personnages. Ce roman est une ode à la vie et à la fraternité.

Agatha Raisin enquête n° 1
La quiche fatale (M. C. Beaton)

note: 4Agatha raisin La quiche fatale Tome 1 Evelyne - 3 octobre 2018


Un clin d’oeil à Agatha Christie. Au fait de sa réussite professionnelle en tant que propriétaire et directrice d’une agence de relations publiques, Agatha Raisin décide de se retirer dans le village de Costwolds, un coin de la campagne anglaise pittoresque comme une carte postale. Elle vend son agence et passe de la vie trépidante londonienne à celle d’une retraitée paisible.
Pas si paisible que cela: pour commencer, elle cherche toutes les occasions de s’activer pour se faire accepter par les villageois et un malheureux concours de quiches lui donnera l’occasion d’exercer ses talents de détective. Sa personnalité est grandement agaçante, mais également, paradoxalement, attachante.
Un roman policier sympathique et sans prétention. la vie dans la campagne anglaise est plus vraie que nature et le style plein d’humour en fait une lecture réconfortante. Ce n’est pas le suspense du roman policier qui tient en haleine, mais les relations humaines avec leurs bons et leurs mauvais côtés, comme dans beaucoup de petits villages à la campagne. Un bon bol de vitamines…

L'art de perdre (Alice Zeniter)

note: 5L'art de perdre Evelyne - 2 octobre 2018

Entre biographie et fiction, Alice Zeniter retrace l’histoire d’une famille de harkis, des années 1930 jusqu’à nos jours. Venue des montagnes de Kabylie en France lors de l’indépendance de l’Algérie, elle relate les tribulations et transplantations subies.
Alice Zeniter décline son roman en trois parties qui lui permettent de reconstruire l’histoire de la famille de Naïma, la narratrice: La vie de son grand-père en Algérie, paysan aisé qui cultive ses champs d'oliviers. L'exil forcé pour la France où ce sont les camps de transit très précaires qui les attendent où ils résideront avant d' aller travailler en usine à Flers. Les attentas de 2015 qui amènent Naïma à s'interroger sur ses origines et l'histoire de sa famille.
Le titre du roman vient d’un poème d’Elisabeth Bishop qui dit que l’Art de perdre est un apprentissage quotidien. Naïma a appris l’Art de perdre, à se détacher des racines de sa famille pour pouvoir être elle-même.

Alice Zeniter raconte la tragédie vécue par ces familles qui ont été appelées Harkis. Elle relate avec précisions cette sombre page de notre histoire nationale. Elle sait aussi traduire les mesquineries du quotidien et débusquer le racisme ordinaire.
C’est un livre magnifique écrit avec une plume maîtrisée et rayonnante, qui met en lumière les harkis, ces oubliés de notre histoire, nationale à travers une formidable saga familiale.

Larmes de pierre (Alexandra Fuller)

note: 5Larmes de pierre Evelyne - 2 août 2018

Larmes de pierre n’est pas un roman, même si on pourrait presque s’y tromper tant la vie d’Alexandra Fuller est romanesque. Elle nait, presque par hasard en Angleterre. Ses parents s’étaient installés au Kenya au moment de l’indépendance, en étaient partis pour s’installer en Rhodésie, en pleine révolution, alors qu’elle avait deux ans. La Rhodésie, devenue indépendante, prit le nom de Zimbabwe. La guerre civile les pousse à partir en Zambie puis au Malawie.
Alexandra Fuller a donc vécu son enfance en pleine guerre. A l’âge de 5 ans elle savait charger un fusil et s’en servir. Elle raconte le quotidien d’une petite fille en Afrique centrale, au milieu des serpents, des scorpions, des mines anti-personnelles et des bombes. Malgré les conditions de vie difficiles, ce livre clame son amour de l’Afrique dont elle parle avec beaucoup de poésie
En racontant son enfance, elle livre aussi la banalité du racisme dans les régimes de l’apartheid. Ce beau récit, est emprunt de sincérité, que ce soit en racontant le racisme de ses parents ou en parlant des vainqueurs qui ont pris le pouvoir après les indépendances,

La mémoire est une chienne indocile (Elliot Perlman)

note: 5La mémoire est une chienne indocile Evelyne - 24 juin 2018

La mémoire est continuellement convoquée dans ce roman.
"La mémoire est une chienne indocile. Elle ne se laissera ni convoquer, ni révoquer, mais ne peut survivre sans vous…"
C’est un roman sur la mémoire, la transmission, le devoir de mémoire. C'est une fiction, mais beaucoup de personnages sont inspirés de personnes qui ont eu une existence bien réelle qui trouvent leur place dans Les pages d'histoire qui sont le fond du roman.
L'auteur pointe les actes de racisme insidieux qui existent dans toutes les sociétés, la barbarie institutionnalisée. Le lecteur découvre ainsi comment l’état américain a cherché à gommer la place des noirs pendant la deuxième guerre mondiale.

Ceux qui savent, se souviennent ont le devoir de raconter. Plusieurs passages insistent sur la nécessité de se rappeler pour témoigner: les témoignages des juifs dans les ghettos, dans les camps qu’ils enterrent avant de mourir; Henryk Mandelbrot, rescapé des camps de la mort, qui dit qu’il voulait survivre pour témoigner.

C’est tout un pan de l’histoire du XXème siècle que Perlman nous transmet avec ses scènes d’horreur et des moments terriblement émouvants. Un livre époustouflant, touffu mais facile d'accès malgré son nombre de pages.
Un livre à lire.

Les gouttes de Dieu n° 1 (Shu Okimoto)

note: 4Les gouttes de Dieu Tome1 Evelyne - 21 mai 2018

Shizuku Kanzaki est le fils d’un célèbre oenologue. Rebuté par la pression que son père a mis sur lui enfant, il a rejeté le vin, n’en a pas bu une goutte et travaille pour un brasseur. A la mort de son père, il découvre qu’il a un frère adoptif (pas vraiment sympathique ce frère…) et que leur père les a mis en compétition…Ils devront résoudre des énigmes oenologiques et celui qui découvrira les caractéristiques les plus précises concernant des vins qu’il a spécialement réservés, héritera de lui…
Ce livre m’a intéressé parce que j’aime bien le vin, Sinon, aurait-il retenu mon attention? Je ne trouve pas le dessin particulièrement intéressant et c’est vraiment très, très spécialisé sur l’histoire d’un vin. Est-ce que les autres tomes (je crois qu’il y en a au moins 25…)concerneront d’autres crus?… Ce livre peut-il intéresser un buveur d'eau ou de soda?

NonNonBâ (Shigeru Mizuki)

note: 5NonNonBâ Evelyne - 21 mai 2018

L’auteur raconte son enfance dans les années 30. Il a 9 ans et déjà aime s’évader en dessinant des histoires qu’il s’invente. Il vit dans une petite ville côtière du sud-ouest du Japon et est très attaché à NonNonBâ, une vieille femme qui est une mémoire étonnante des croyances et légendes japonaises auxquelles elle croit fermement. Très pauvre, après la mort de son mari, elle vient vivre chez Shigeru. Elle va enrichir l’imaginaire de ce derniers en lui donnant comme compagnons les yôkaï, des créatures surnaturelles qui peuplent l’univers des hommes.
En même temps, Shigeru, dit Gege, dessine et relate c’est la vie quotidienne d’un jeune garçon avec ses joies et ses peines. Les personnes qui vivent avec lui sont finement représentées (NonNonBâ, bien sûr, mais aussi les parents de Gege) et j’ai beaucoup aimé le dessin sobre et riche de détails en même temps. Une très belle chronique du Japon des années qui précédèrent la guerre.

Les passeurs de livres de Daraya (Delphine Minoui)

note: 5Les passeurs de livres de Daraya Evelyne - 13 mai 2018

J’aimerais pouvoir traduire l’émotion que j’ai ressentie en lisant ce très beau livre de Delphine Minoui. Elle a trouvé par hasard sur Facebook une photographie qui l’a intriguée montrant un jeune en train de lire dans une bibliothèque clandestine à Daraya en Syrie, dans la banlieue de Damas, une poche de résistance au régime de Bachar Al-Hassad. Elle a voulu en savoir plus et est entrée en contact avec eux par skype ou WhatsApp, puisqu’il lui était impossible de se rendre en Syrie. Ces jeunes lui parlent au fil des jours de ce qu'ils lisent, mais aussi de la violence qu'ils subissent de la part du régime de Bachar Al-Assad.
La lecture reste un geste d'humanité qui leur permet de s'évader, de s'instruire, d'éviter la démence, de découvrir la liberté d'expression dont ils ont été exclus.
De très belles pages qui rendent hommage au pouvoir des mots et des histoires racontées dans les livres. Un livre fort et émouvant. Le 27 août 2016, Daraya a été évacuée par la force et la bibliothèque a été détruite.

Je vous écris de Téhéran (Delphine Minoui)

note: 5Je vous écris de Téhéran Evelyne - 13 mai 2018

Ce livre traduit les espoirs - souvent déçus - des iraniens, les répressions sanglantes qui ont accompagné la politique iranienne des vingt dernières années.
Il est clair sur les différents événements qui se sont succédés au cours des quarante dernières années et m’a permis de suivre les méandres des régimes qui se sont succédés depuis la chute du Chah.
C'est bien plus qu’un documentaire sur la situation en Iran parce que Delphine Minoui, est personnellement concernée. Il est emprunt d’émotion même si elle parvient à garder une distance juste avec ce qu’elle voit et ce qu’elle vit. Elle pointe les contradictions qui animent les acteurs de cette révolution et évoque des personnalités attachantes ou étonnantes, un désir de modernité à l’occidentale qui accompagne une haine de ce même occident.

Le gang des rêves (Luca Di Fulvio)

note: 4Le gang des rêves Evelyne - 13 mai 2018

Ce gros roman de plus de 900 pages relate la vie aux Etats-Unis de Cetta Luminata et de son fils Natale (Christmas). Le lecteur qui le parcours de cette jeune émigrée italienne arrivée avec un nourrisson parviendra-t-elle à réaliser le rêve américain: « Tout est possible ».
L’histoire se déroule dans le New-York des années 20, traverse la Grande Dépression, le règne des mafias. Le lecteur suit les débuts de la radio et du cinéma. Beaucoup de problèmes qui sous-tendent la société américaine de ces années traversent ce livre: le racisme, les espoirs brisés, le milieu malsain du cinéma hollywoodien, la difficile vie des immigrés, les mafias qui gangrènent la ville de New-York,.…
L’écriture est prenante, avec quelques longueurs, même si j’ai toujours dû vérifier en tête de chapitre la date à laquelle celui-ci se déroule pour m’y retrouver.


Madame St-Clair, reine de Harlem (Raphaël Confiant)

note: 5Madame St Clair, reine de Harlem Evelyne - 1 janvier 2018

Entre biographie et roman, Raphaël Confiant nous trace dans une langue savoureuse, truffée d’expressions créoles, la vie de Stéphanie Saint-Clair, martiniquaise débarquée à New-York en 1912, à 26 ans, qui devint une femme-gangster redoutée jusque vers les années 40.

Née à la Martinique en 1886, dans une case d’un quartier pauvre de Fort-de-France, elle eut la chance d’apprendre à lire et fut ensuite placée comme bonne dans une famille blanche, les Verneuil, dont le fils la violait régulièrement. Mais elle ne pouvait rien dire… c’était la norme à cette époque.
De cette période humiliante elle retint deux choses: la richesse de la bibliothèque des Verneuil qui lui offrit une ouverture sur le monde et une maitrise de la langue française supérieure à celle de ses congénères ainsi que la conviction intime qu’elle ne serait plus jamais être humiliée.
Impressionné par la personnalité de cette femme, Raphaël Confiant - a compulsé les archives la concernant. Elle n’avait qu’un projet personnel, mais elle est devenue une icône de la lutte afro-américaine.
Elle avait constitué son seul bagage intellectuel en lisant les livres de la bibliothèque des Verneuil et tout en régnant sur les jeux clandestin de Harlem, elle a fréquenté l’intelligentsia noire de la « Black Renaissance »

La petite boulangerie du bout du monde (Jenny Colgan)

note: 4LA PETITE BOULANGERIE DU BOUT DU MONDE Evelyne - 26 novembre 2017

Tout semblait réussir à Polly quand sa vie bascule: son entreprise fait faillite, son couple vole en éclat, elle ne peut plus assurer le coût de son appartement…Elle cherche un lieu à la mesure de ses nouveaux moyens financiers. Elle décide de louer un appartement modeste, sordide, sur une presqu’île un peu perdue de Cornouailles, régulièrement coupée du monde par la mer et les marées.
Elle se rétablit affectivement en adoptant un bébé macareux et professionnellement en mettant en pratique sa passion pour la boulangerie. Elle commence à faire du pain et de délicieuses viennoiseries pour le plus grands bonheur des iliens. Sa reconstruction se fait grâce à l’amitié de ces dernier et avec l’aide d’un voisin, apiculteur temporaire.

L’odeur de ces merveilleux petits pains à la cannelle est venue jusqu’à moi pendant que je lisais ce roman! C’est un livre agréable à lire, qui fait du bien, même si l'histoire est un tantinet farfelue. Une bonne détente. Et quelle bonne idée d’avoir donné à la fin du livre quelques recettes de ces délicieux petits pains!

Code 1879 (Dan Waddell)

note: 4Code 1879 Les enquêtes du généalogistes Evelyne - 24 novembre 2017


Dan Waddel s’est lancé dans un projet original: écrire une série policière autour de la généalogie, où des crimes du passé viennent hanter le temps présent.
Le projet de Dan Waddell est efficace. Je me suis vraiment sentie partie prenante des recherches menées par cet attachant généalogiste. Il a suscité, chez moi, au cours du récit un intérêt grandissant pour cette discipline. Dan Waddell présente une dimension intéressante de la généalogie avec ses ouvertures sur l’histoire, la signification des noms de famille, l’exploration du passé pour comprendre le présent.

Même si je me suis un peu perdue dans les rues de Londres malgré le plan placé à la fin du roman, j’ai pris énormément de plaisir à suivre cette enquête originale, de plus en plus haletante, tout en restant réservée sur les mobiles tarabiscotés du tueur du 21ème siècle.

Le coeur battant de nos mères (Brit Bennett)

note: 5Le coeur battant de nos mères Evelyne - 22 novembre 2017

Ce roman dont la trame est assez simple est très attachant par les portraits tout en finesse que trace Brit Bennett des différents protagonistes.
Il se déroule dans une communauté noire. Mais le problème de la discrimination raciale n’est pas le propos principal de ce livre. Ce qui est mis en relief, à travers la description de cette église évangélique qu’est le Cénacle, c’est l’attrait et le danger d’une telle communauté. Elle est confortable et protectrice par l’affection dont elle entoure chaque membre, mais ce cocon étriqué est aussi un piège. Tout le monde épie tout le monde et la mesquinerie ainsi que l’hypocrisie ne sont jamais loin. Une certaine idée de la religion régit la vie de chacun dont l’espace de liberté est bien mince.

L’écriture et la composition en 14 chants de ce roman sont intéressantes. L’écriture est précise et claire. Brit Bennett livre souvent des images pleines de poésie. Le choeur des mères, tel un choeur grec, commente le destin de Nadia et des autres membres de la communauté. Elles sont attentives, chaleureuses et horriblement commères. Elles observent leur entourage avec une certaine mansuétude et une ambiguité critique…

L'inconnue de Bangalore (Anita Nair)

note: 5L'inconnue de Bangalore Evelyne - 2 octobre 2017

Le roman se passe à Bangalore, capitale du Karnataka, considérée comme la « Silicon Valley » de l’Inde, donc une ville ouverte à la modernité.
Des meurtres successifs d’hommes y ont été commis qui laissent supposer qu’un tueur en série opère dans cette ville et la caste des eunuques semble y être impliquée.
L’intrigue policière est assez classique.
La toile de fond de cette histoire est très intéressante. Elle se déroule sur la complexité de la société indienne dont la persistance des archaïsmes sociaux va de pair avec des compétences scientifiques incontestables. Le roman révèle des pratiques de corruption et de clientélisme, Les femmes ont encore bien du mal à trouver une place personnelle, indépendante de leur mari, voire de leurs beaux-parents. Leur vie est difficile. Elle l’est encore bien plus pour les hijras, « des femmes qui n’en sont pas ». C’est un univers étonnant qu’Anita Nair nous fait découvrir et le ton de son récit montre son empathie pour la souffrance de ces personne qui ne se se reconnaissent ni comme hommes ni comme femmes et vivent en marge de la société.

Oeuvre non trouvée

note: 4Une autre femme Evelyne - 20 décembre 2016

Au début des vacances familiales, Delia prend la décision de partir, en tenue de plage, avec trois fois rien. Elle s’installe sous un autre nom dans une ville peu éloignée, trouve un travail, se fait des amis… une vraie vie de personne autonome et responsable d’elle-même pour la première fois de son existence. Elle devient une « autre femme » pendant une année. Après, une fois qu’elle aura retrouvé sa famille, elle ne sera plus cette femme soumise et dépendante;
J’ai été un peu étonnée par la difficulté qu’a sa famille pour la décrire, puis la rapidité avec laquelle elle va passer de l’inquiétude à une relative indifférence; par le manque de force de ses enfants pour la convaincre de revenir à la maison. Une situation assez surréaliste.

Une histoire assez banale d’émancipation d’une femme, mais au fil des pages, on s’attache à cette dernière considérée comme une mineure par son mari, avec condescendance par ses soeurs, avec indifférence et égoïsme par ses enfants. L’auteur livre des notations d’une grande justesse et finalement les différents personnages du roman nous ressemblent par bien des aspects.
Un roman bien plus fin qu’il n’y paraît au premier abord. Il est très agréable à lire, j’ai passé un très agréable temps de lecture.

Voici venir les rêveurs (Imbolo Mbue)

note: 5Voici venir les rêveurs Evelyne - 28 novembre 2016

Imbolo Mbue vient de Limbé au Cameroun comme ses héros. Elle livre des passages très émouvants sur son pays d’origine et pose un regard plein d’humour sur la société de consommation. Elle raconte les soucis des familles qui émigrent en vue d’un avenir meilleur mais gardent au fond du coeur la nostalgie de leur pays d’origine… le rêve américain n’est pas aussi radieux qu’il y parait. Ce pays ne se construit plus sur l’apport des migrants. Le racisme et les rapports de classe ne sont pas faciles à vivre pour une famille venue d’Afrique. Ils ont conscience des faiblesses de leur pays, mais aussi se souviennent avec tant d’émotions et de justesse de Limbé et du Cameroun que le lecteur s’imprègne des odeurs et des saveurs de leur pays où les relations humaines sont plus riches que dans la grande ville new-yorkaise. L’auteur sait rendre les qualités et défauts des uns et des autres, riches et pauvres. Les relations entre ces deux extrêmes de la société, le jeune homme sans papier et le grand financier sont relatées dans toute leur complexité. Et elle n’hésite pas à dénoncer de manière percutante le machisme qui imprègne aussi bien la culture camerounaise que la société américaine… Un livre très attachant, et le lecteur n’a pas envie de quitter nos deux rêveurs, Jende, homme intègre, rêveur et cependant réaliste et Neni, pleine de ressources, battante et obstinée.

Giboulées de soleil (Lenka Hornakova Civade)

note: 5Giboulées de soleil Evelyne - 12 novembre 2016


Ce roman se lit très agréablement dans une langue fluide, sobre et précise. Avec lui le lecteur suit la vie quotidienne de femmes qui habitent de mère en fille dans la campagne frontalière entre l’Autriche et la Tchécoslovaquie, vivent pauvrement en brodant avec talent des motifs traditionnels, tout en tenant un petit bistrot et élevant une vache. Cette famille subit l’histoire chaotique de ce pays qui est passé de l’oppression nazie au communisme, et qui, après le printemps de Prague, s’est orienté vers la normalisation,…
Ces femmes ont à cœur de garder la tête haute face à la malveillance, l’étroitesse d’esprit et aspirent toutes à la liberté ; c’est la petite dernière qui parviendra à réaliser le rêve de ces femmes, et notamment de venir dans une France qui semblait hors d’atteinte.
Un seul bémol à cet intérêt, j’ai seulement éprouvé une certaine lassitude vers la fin du roman qui m’a semblé moins convaincante
.
Un beau livre et un coup de cœur !.

Le chant des plaines (Kent Haruf)

note: 5Le chant des plaines Evelyne - 11 novembre 2016

Ce roman brosse un tableau réaliste et plein de tendresse de l’Amérique rurale du Colorado.Tom Guthrie y enseigne dans la petite ville de Holt.
Tout n’est pas serein dans la vie de Tom. Il doit faire face à la séparation d’avec sa femme et affronter un élève particulièrement agressif, soutenu par des parents qui n’hésitent pas à utiliser des actes d’une rare violence pour intimider et faire plier le professeur.
Ces drames humains et ordinaires sont contrebalancés par l’amitié et des épaules chaleureuses. Par delà la violence et la bêtise, la tendresse et l’amitié portent ce roman. La générosité vient au secours des âmes en peine.
L’écriture est simple et correspond bien au titre initial, Plainsong -plain-chant-, un chant religieux psalmodié qui apporte de l’apaisement aux fidèles qui l’écoutent.

Deux remords de Claude Monet (Michel Bernard)

note: 3Deux remords de Claude Monet Evelyne - 2 novembre 2016

Pourquoi ai-je été mal à l’aise avec cet ouvrage? peut-être parce que le romancier habite et recrée des personnages qui ont effectivement existé. Claude Monet a fait l’objet de nombreuses biographies et Michel Bernard gauchit incidemment le portrait en gommant certains aspects moins sympathiques le concernant. Les passages de la vie du peintre passés sous silence ne permettent pas de les confronter avec l’exclusivité de la démarche du créateur.

Mais c’est un roman… Bien difficile pour moi de lire un roman qui a, par bien des côtés, l’aspect d’une biographie d’un homme connu. Cependant j’ai beaucoup apprécié les deux parties qui encadrent la partie centrale du roman. Beaucoup moins le corps principal dont l’écriture m’a lassée avec trop de répétitions, à mon goût.

Le secret du mari (Liane Moriarty)

note: 4Le secret du mari Evelyne - 25 octobre 2016

C’est un livre agréable à lire. Comme le titre pourrait le laisser supposer, ce roman ne raconte pas seulement l’histoire de Caecilia, la femme du "mari", mais de trois femmes dont les destins s’entrecroisent. La toile de fond est un petit microcosme qui tourne autour d’une l’école primaire de Melbourne. La vie d’un quartier avec un petit air provincial.
J’ai passé un agréable moment de lecture; les failles et les blessures que chacun porte en lui se dévoilent peu à peu et les caractères se révèlent plus complexes qu’il n’y parait au premier abord.

La madone de Notre-Dame (Alexis Ragougneau)

note: 3La madone de Notre-Dame Evelyne - 25 octobre 2016

Une jeune-fille est retrouvée morte, le lendemain de la fête du 15 août, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris,
L’enquête est menée par un commissaire de police lourdaud et un peu rustre, un lieutenant et une jeune substitut du procureur.
Le père Kern, prêtre de Notre-Dame, mène de son côté son enquête, ce qui le conduit à aller à la rencontre d’un monde interlope.

L’auteur a été employé un certain temps à la sécurité de la cathédrale; il a donc une bonne connaissance des lieux et du public qui la fréquente, que ce soit les touristes ou les fidèles, ce qui donne au roman une toile de fond réaliste et intéressante. Les blessures intérieures des protagonistes se révèlent au cours du roman et l’enquêteur improvisé grâce a son sens de l’humain est amené à trouver le coupable. Le style est simple et direct, ce roman, facile à lire, prend de l’intérêt au fil des pages.

La dernière réunion des filles de la station-service (Fannie Flagg)

note: 4La dernière réunion des filles de la station service Evelyne - 23 octobre 2016

Pour moi, l’intérêt principal de ce roman réside dans l’action du WASP (Women airforce service pilots), de ces pionnières de l’aviation pendant la guerre et dont le rôle est méconnu, passé sous silence, ou du moins étouffé après celle-ci en raison du machisme ambiant. 916 femmes ont fait parti de ce corps et 38 périrent pendant le conflit. Tous les dossiers du WASP ont été classés et inaccessibles pendant trente-cinq ans, ce qui fait que les historiens n'ont pu avoir accès, pendant cette période, à leur apport dans l'effort de guerre américain. Il n’est reconnu qu’en 1977 par le président Carter et elles furent décorées en 2009 par le président Obama!.

La première partie m’a paru facile à lire mais un brin longuette, mais la seconde partie qui rend hommage à ces femmes indépendantes et courageuses m’a beaucoup intéressée. C’est un livre léger et attendrissant.

Fairyland (Alysia Abbott)

note: 5Faryland Evelyne - 9 octobre 2016


J’ai été sensible à cette relation père-fille hors du commun et au portrait qu’Alysia Abbott dessine de cet homme sensible et tourmenté. Quand il sera malade, elle abandonnera ses études et ses amours pour le soigner et l’accompagner jusqu’à la mort.
Au delà de la biographie et de la quête identitaire d’Alysia Abbott, ce livre est une chronique irremplaçable de San Francisco des années soixante dix, en particulier du quartier Haight-Ashbury, centre de la culture hippie, où s’installent, les écrivains et artistes de la Beat génération. Son père est lié à la communauté littéraire et militante homosexuelle de San Francisco; elle a vécu l’effervescence intellectuelle qui animait la ville dans ces années là, avant que l’épidémie de sida ne massacre la majorité de ses membres.

« Mon père a parfois échoué en tant que parent, mais son échec était noble » dit-elle. J’ai trouvé particulièrement émouvantes les citations qu’Alysia Abbott livre du journal intime de son père, ainsi que les photos et les reproductions des dessins de ce dernier qui accompagnent et illustrent son texte. Un texte plein de tendresse à l’image de ce monde enchanté que son père voulait créer pour elle

Les seigneurs du thé (Hella Serafia Haasse)

note: 5Les Seigneurs du thé Evelyne - 18 septembre 2016

HellaS. Haasse raconte la vie d’une famille de planteurs néerlandais qui a participé à la colonisation l’île de Java et à l’implantation de la culture du thé.
« Les Seigneurs du thé est au fond l’histoire d’une tragique méprise, celle d’un homme sincère mais écorché qui se coupe de tout le monde par sa rigueur même, alors que ses efforts ne visaient qu’à attirer sur lui le regard des autres pour pouvoir leur poser cette éternelle et lancinante question : « M’aimez-vous? » est-il écrit dans la préface.
Ce roman pointe les contraintes sociales d’une société corsetée qui enferme et bride les femmes; il révèle une association de préjugés raciaux et de pragmatisme assez étonnante. L’histoire a pour toile de fond le climat chaud et humide qui accompagne la beauté étouffante de la forêt équatoriale.

Mort d'une héroïne rouge (Xiaolong Qiu)

note: 5¨Mort d'une héroïne rouge Evelyne - 16 mai 2016

Qiu Xialong raconte la Chine sous le gouvernement de Deng Xiaoping. La Chine s’essaye à une certaine libéralisation et en même temps le parti contrôle tout… Le pays est pris en tenailles entre le communisme et l’ouverture au modèle économique capitaliste. Il décrit avec sensibilité et réalisme la vie de la société chinoise.
Qiu Xiaolong ramène souvent les lecteurs vers l’histoire récente et explique ainsi bien des comportements. Chen Cao ressemble un peu à son auteur, parti étudier aux Etats-Unis où il a soutenu une thèse sur T.S. Eliot et où il est resté après le drame de la place Tien’anmen étant survenu pendant son séjour.
Les personnages sont décrits avec humour et l’inspecteur Chen et ses amis sont attachants. Ce qui m’a rendu encore plus sympathique le héros de ce roman, c’est son intérêt pour la cuisine dont il fait découvrir mille et une facettes.

Derrière les portes closes (Care Santos)

note: 4Derrière les portes closes Evelyne - 6 avril 2016

Ce roman oscille entre la saga familiale et le roman policier.
L'histoire s’éclaire en nous menant à différentes époques et avec des narrateurs différents. Le lecteur soupçonne vite qui est l’auteur du crime. Le suspense ne réside donc pas dans la résolution de cette énigme, mais dans les motivations et les traits psychologiques des protagonistes.

Cette histoire familiale se déroule avec la ville de Barcelone en toile de fond. On a envie de mieux connaître cette ville, foisonnante de vie qui fut, dans les années 30, particulièrement florissante.

La fiction et les faits historiques s’entremêlent habilement, de même que les différents styles : prose, mails, lettres,…ainsi que les allers-retours entre le passé et le présent.

Princesse Bari (Sok-Yong Hwang)

note: 5Princesse Bari Evelyne - 8 mars 2016

Ce livre met le lecteur devant les terribles épreuves qu’ont à affronter les personnes qui émigrent ; les ajustements qu’ils sont amenés à faire pour vivre dans les pays qui les accueillent, tout en essayant de garder ce qui fait leur identité. Comment des familles de cultures différentes peuvent se construire ensemble (Bari épouse Ali , pakistanais et musulman) et s’épauler dans l’exil. L’héroïne traverse des situations très dures : le totalitarisme en Corée du nord qui enlève aux hommes toute humanité, la situation précaire et pitoyable des sans-papiers en Chine, la suspicion qui entoure les étrangers en Europe. Elle croise sur sa route des hommes qui, comme elle, fuient des situations de guerre, de terrorisme et de terreur.

Ce roman tragique alterne merveilleux et réalisme. C’est une histoire d’errance qui raconte un monde aux prises avec l’enfer du totalitarisme, les trafics d’êtres humains, le terrorisme et le communautarisme. Mais ce roman n’est pas désespéré, l’héroïne puise sa force et l’apaisement grâce à son héritage culturel et au chamanisme. Les sources de vie que recherche Bari sont à notre portée. A chacun d’essayer de trouver la sienne.


Yeruldelgger n° 1 (Ian Manook)

note: 5yeruldelgger Evelyne - 1 septembre 2015

Avant d’ouvrir ce roman policier, mon idée de la Mongolie correspondait à des steppes à perte de vue, des yourtes perdues dans ces steppes ou entourant la ville d’Oulan Bator. Ian Manook nous ouvre sur une Mongolie qui a du mal à assumer son indépendance après avoir quitté la domination de la Russie communiste et se retrouve sous la coupe pas moins contraignante de la Chine. On découvre un pays qui a du mal à vivre ses oppositions : la tradition et la modernité, les steppes immenses et les bas-fonds d’Oulan Bator, la grande richesse dont le commerce des « terres rares » et l’extrême pauvreté, les vieilles croyances et un scepticisme très contemporain. Mais surtout j’ai découvert un phénomène qui m’a fait froid dans le dos : un nationalisme exacerbé qui s’inspire de l’idéologie nazie. Et là j’ai du aller vérifier que cela correspondait à une triste réalité et n’était pas pure fiction du romancier.

Ce roman policier, le premier roman de son auteur, est palpitant et passionnant, même si j’ai eu des difficultés avec les repères géographiques.

Belém (Edyr Augusto)

note: 4Belém Evelyne - 3 avril 2015

Ce roman sombre est au-delà du roman policier et nous plonge dans les nuits chaudes de Belém et au cœur d’une ville que l’auteur connait bien avec ce qui s’y cache de prostitution, drogue, corruption. Il semble bien difficile à ceux qui le souhaitent d’échapper à la collusion entre la pègre et la richesse locale qui les entraîne dans une spirale infernale. L’inspecteur a une personnalité attachante. Il n’est pas parfait et son addiction à l’alcool lui a valu des problèmes professionnels et familiaux. Mais il a une certaine intégrité morale qui le rend sympathique.

Je ne suis pas une grande lectrice de romans policiers, mais celui-ci est servi par une écriture pure. Les phrases sont brèves et le style cru n’est jamais vulgaire.

Il est certain que je vais lire un autre livre de cet auteur.
Un coup de cœur !

Baronne Blixen (Dominique de Saint Pern)

note: 5Baronne Blixen Evelyne - 3 avril 2015

Si la première partie semble assez hagiographique et nous présente une Karen Blixen éprise de liberté, à la fois fragile et forte, émouvante, avec la deuxième partie nous découvrons d’autres facettes de sa personnalité bien plus complexe qu’elle n’apparaissait au départ, une femme captatrice et manipulatrice, qui aime exercer son pouvoir sur ceux qu’elle tient en esclavage, mais dont l’esprit brillant et original et fascinant séduit ceux qui croisent sa route. Elle répond aux sollicitations mondaines qui sont celles d’un écrivain à succès ( on parle d’elle pour le prix Nobel) et entretient des relations avec des écrivains et intellectuels Danois. Clara Selborn (ou plutôt Dominique de Saint Pern) raconte en particulier l’amitié ambigüe qui l’a liée au jeune poète Thorkild Bjornvig de trente ans son cadet et qui semble avoir été sa dernière grande passion.

J’ai eu énormément de plaisir à lire ce livre bien documenté et servi par l’écriture fluide de l’auteur


Un coup de cœur !

Vue cavalière (Wallace Stegner)

note: 5Vue cavalière Evelyne - 16 février 2015

Cette œuvre bouleversante est l’occasion d’une réflexion sur la vie, trop brève, et sur la difficulté de vieillir avec la mort toujours plus proche.

C’est un roman intimiste et sensible. L’amour qui unit Joe et Ruth est solide, fait de respect, de souvenirs partagés, d’attentions touchantes, mais aussi de non-dits...

Mais c’est aussi une réflexion éthique.
C’est une œuvre merveilleusement bien construite, soutenue par une écriture poétique.
Ce livre me semble autre chose qu’une chronique du désenchantement, comme il est écrit en quatrième de couverture. L’amour de la nature est si fort et l’envie de vivre de Joe si importante que j’y vois un hymne à la vie et à la nature.

Un grand coup de cœur !




Eva dort (Francesca Melandri)

note: 5Eva dort Evelyne - 16 janvier 2015

Ce roman est autre chose qu’une histoire d’amour. Il m’a fait découvrir la situation politique de cette région du sud Tyrol, germanophone, passée en 1919 de possession de l’empire Austro-hongrois à celle de l’Italie par décision des grandes puissances sans tenir compte des souhaits des habitants. Par la suite, Hitler signa un pacte qui accentua ce drame en proposant la citoyenneté allemande à ceux qui le voudraient, mais pour cela ils devraient quitter leur terre natale et rejoindre le territoire allemand…La guerre obligea un bon nombre de ces aspirants au départ à rester sur place… et en conséquence, ils furent italianisés de force et avec discrimination. Cette région fut gérée comme on déplace des pions sans une once d’humanité. De cette brutalité faite aux hommes de cette région découla par la suite des actes de violence dans les années 60/70 avec des attentats suivis de répressions policières et militaires.
Le lecteur est tenu en haleine par l’intérêt d’une fiction qui se greffe sur une douloureuse page d’histoire.

Crime d'honneur (Elif Shafak)

note: 5Crime d'honneur Evelyne - 30 novembre 2014


J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman riche d’informations sur cette population kurde. L’auteur nous fait vivre et participer par son écriture aux craintes, aux douleurs et aux rares joies des femmes kurdes. Cette société est prisonnière de traditions qui les amènent à placer leur honneur sur le comportement de leurs femmes.
Le fait que l’auteur tout au cours du roman, de chapitre en chapitre, jongle avec les lieux et le temps m’a constamment obligée à revenir des pages en arrière pour m’y retrouver. Même si j’ai fini par m’habituer à cette écriture qui livre les différentes facettes de cette histoire familiale.

Avant d'aller dormir (S. J. Watson)

note: 4Avant d'aller dormir Evelyne - 30 novembre 2014

J’ai beaucoup aimé ce roman policier qui m’a tenue en haleine et je me suis laissée prendre par cette enquête bien que j’ai soupçonné rapidement le dénouement de l’histoire.
C’est un thriller efficace qui m’a fait progressivement ressentir l’angoisse de Christine.
J’ai cependant été déroutée par des incohérences au fil de l’histoire. Il est vrai que la trame de l’histoire peut favoriser quelques invraisemblances dont l’écriture se ressent.

La vie obstinée (Wallace Stegner)

note: 5La vie obstinée Evelyne - 26 novembre 2014

Wallace Stegner décrit merveilleusement la nature foisonnante de cette campagne californienne. Rien n’est figé, même si c’est un crève-cœur pour Joe, ce lieu magique se transforme progressivement. Joe, le vieil homme atrabilaire qui s’est renfermé sur lui-même, s’ouvre aux autres par le miracle de ses relations avec Marian qui devant la mort a choisi ce qui pour elle est vivre : «Elle m’a fait toucher du doigt, dit Joe, la stupidité de toute tentative de se replier dans sa coquille pour se soustraire aux ennuis et au malheur. » « Effacerais-je, si je le pouvais, Marian de ma conscience imparfaite ? Renoncerais-je au plaisir de sa compagnie pour m’épargner la tristesse de sa disparition ? En reviendrais-je à ma propre solution, qui était le sommeil crépusculaire, afin d’esquiver la souffrance qu’elle apporta avec elle ? Jamais de la vie.» Dans ce livre où la vie et la mort s’entremêlent, la vie obstinée
l’emporte.

Mon Antonia (Willa Cather)

note: 5Mon Antonia Evelyne - 5 octobre 2014

En toile de fond des vies dont nous parle Willa Cather on découvre le peuplement du Nebraska avec des immigrants originaires de diverses régions d’Europe qui devront surmonter la rigueur du climat et supporter des conditions de vie très dures. Leurs espoirs, leurs combats, leurs déceptions, leurs réussites et leurs échecs se manifestent à travers ces cheminements. Les États-Unis sont en train de se construire.

J’ai eu un gros coup de cœur pour cette histoire pleine de tendresse, servie par une belle écriture classique et poétique

Le pays où l'on ne meurt jamais (Ornela Vorpsi)

note: 5Le pays où l'on ne meurt jamais Evelyne - 5 octobre 2014

Elona, d’Eva, d’Ornela, sont un double d’Ornela Vorpsi avant qu’elle ne s’exile. L’héroïne à l’identité triple – et à différents âges sa vie -- cumule le fardeau d’avoir un père emprisonné pour des problèmes politiques complexes et une mère très belle, sur laquelle pèse les soupçons liés à sa beauté. Ornela cherche à survivre et rêve de fuir, en s’évadant par les livres et la lecture.
Une belle écriture, ironique et mordante. J’ai beaucoup aimé ce petit livre qui illustre la contrainte qui pesait sur les épaules des femmes pendant cette terrible dictature .

Les tambours (Reiner Zimnik)

note: 5Les tambours Evelyne - 5 octobre 2014

Un beau livre où le lecteur participe à la vie foisonnante d’une ville chinoise de l’intérieur à un moment particulièrement sanglant de son histoire. Ce roman m’a fait penser aux romans traditionnels chinois qui derrière l’histoire sentimentale livrent de multiple informations sur la société de l’époque. J’ai cependant été parfois gênée par le sentimentalisme de certains passages dans ce roman à l’écriture très moderne. Mais cela ne m’a pas empêchée d’éprouver un grand coup de cœur pour ce roman.

Murambi, le livre des ossements (Boubacar Boris Diop)

note: 5Murambi, le livre des ossements Evelyne - 5 octobre 2014

On découvre avec Boubacar Boris Diop que la haine entre tutsis et hutus n’est pas ancestrale, les premiers massacres datant de 1959 ; ce n’est pas une guerre civile, mais un génocide extrêmement bien préparé. Ce livre est enrichi d’une postface de Boubacar Boris Diop qui permet de mieux percevoir la fabrication de cette haine tribale par les colons et missionnaires allemands, belges et français. L’écrivain qui s’interroge sur sa cécité au moment du génocide, se rappelle un proverbe sénégalais : « Si tu empruntes à quelqu’un ses yeux, ne t’étonne pas, l’ami, d’être obligé, quoi que tu fasses, de ne voir que ce que lui-même voit… ».

Les trois lumières (Claire Keegan)

note: 5Les trois lumières Evelyne - 13 juin 2014


L’écriture est sobre et poétique. Un récit intimiste qui dévoile beaucoup avec quelques mots. Ce sont quelques petites phrases qui révèlent la vie de ces deux familles. Un récit tout en douceur bien que l’arrière fond social soit rude.
Un grand coup de cœur !

Emily (Stewart O'Nan)

note: 4Emily Evelyne - 13 juin 2014

La vie d’Emily est très bien relatée, les détails sont bien observés, l’analyse de ses motivations est extrêmement juste. Toutefois, l’ensemble de l’ouvrage s’accompagne d’une lenteur dans l’écriture et j’ai trouvé que ce livre se trainait en longueur, particulièrement vers la fin. Surtout que ce n’est pas vraiment une histoire, mais plutôt une succession de chroniques sur la vie d’une dame d’un certain âge.

Le tueur d'aborigenes (Philipe Mclaren)

note: 4Tueur d'aborigènes Evelyne - 17 mai 2014

Le roman policier est bien mené. Mais l’intérêt de ce livre n’est pas dans l’intrigue. Philip McLarren utilise le roman policier pour raconter la situation des aborigènes aujourd’hui en Australie. Il la connait bien puisque lui-même est aborigène. Ce livre tient en haleine et nous informe au détour des pages de faits mal connus dont le drame de ces enfants coupés de leurs familles et de leurs racines, blessures dont ils auront du mal à se remettre. D’autres faits particulièrement bouleversants sont relatés au fil des pages.
Je continuerai à lire la suite des aventures de ces deux policiers si elle existe !

Compartiment pour dames (Anita Nair)

note: 5Compartiment pour dames Evelyne - 5 février 2014

L’auteur trace de très beaux portraits de femmes qui à la fin du 20ème siècle ont accès à la télévision, aux journaux, au cinéma qui leur racontent que la vie peut être différente pour les femmes, arrivent à s’affranchir des rets des conventions, de la famille, de la tradition .Elles racontent le quotidien de femmes indiennes qui, pour certaines, vivent une vie complètement schizophrène entre tradition et modernité. C’est en particulier le cas d’Akhila qui est l’aînée, gagne correctement sa vie, a élevé sa sœur et ses frères, est toujours le soutien de sa famille, mais qui du fait qu’elle est restée célibataire pour assumer ces taches, ne peut habiter seule et devrait demander l’autorisation de ses frères pour partir en voyage.
Un grand coup de cœur !.

Comme les amours (Javier Marías)

note: 5Comme les amours Evelyne - 5 février 2014

Ce livre est un long monologue introspectif. Le lecteur entend la voix de Maria, ses interrogations, ses doutes, ses hypothèses, ses terreurs.
Si on accepte de se laisser emporter par cette écriture qui enivre, envoûter par les méandres de la pensée de Maria, d’être étourdi par ses bouleversements, cette lecture est une révélation. J’ai aimé retrouver les références aux œuvres de Shakespeare, Balzac et Dumas qui s’imbriquent dans le roman de Javier Marias et contribuent au charme de ce livre bavard et ébouriffant qui mêle astucieusement le thriller et l’introspection. Le roman policier cède la place à une interrogation sur l’amour, la mort, la perte d’un être aimé, le deuil.
Cette œuvre ne se laisse pas facilement quitter

L'étrangère (Arthur Schnitzler)

note: 5L'étrangère d'Eunn-Ja KANG Evelyne - 9 janvier 2014

’ai lu ce livre avec plaisir et un grand intérêt. L’écriture est limpide et classique ; son style suit l’évolution de son auteur dans ses actes, depuis son enfance jusqu’à la remise du prix Cino del Duca. Les descriptions de son rapport au français, sensuelles et poétiques, sont extrêmement émouvantes pour un lecteur français.
En même temps on découvre la vie des familles pauvres dans les campagnes après la guerre entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Eun-Ja décrit les contraintes imposées par la société et les habitudes culturelles ; les rapports hommes-femmes, les hiérarchies au sein de la famille L’entraide, la solidarité et les obligations au sein de la fratrie. Elle nous dit aussi ce qu’on savait déjà, mais qu’elle a éprouvé, le rôle primordial des enseignants dans la vie des élèves, combien la bienveillance et l’attention positive qui entourent ceux-ci peuvent changer le cours de leur vie. C’est le regard d un instituteur en premier, puis le geste d’une institutrice, affectueusement appelée « La citrouille »,qui lui offre une version bilingue du Petit Prince de Saint-Exupéry, qui lui permettent de s’épanouir et d’oser affronter la vie en devenant une jeune-fille extravertie, brillante, confiante en elle et qui n’hésite pas à assumer sa liberté en tant que femme.

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